Je voulais devenir écrivain, on m’a répondu de redescendre sur Terre

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler un peu de moi. Et là, vous vous dites : ah bon, et dans tes articles précédents, tu ne parles pas de toi ? Oui, OK.

Mais aujourd’hui, j’ai envie vous en dire en peu plus sur ma vie personnelle et professionnelle.

Installez-vous avec du pop-corn, ça commence ! 🙂

J’ai su très vite que la vie qu’on me vendait comme le but à atteindre, à savoir un bon travail, un mari, des enfants, un chien, une maison, des vacances 2 fois/an n’était pas faite pour moi.

Quand j’allais voir le conseiller d’orientation au collège puis au lycée et que je lui racontais ce que je voulais faire plus tard, on avait vite fait de me remettre à ma place.

Je voulais devenir écrivain, faire le tour du monde. On m’a dit que j’aurais un mal fou à me faire publier et à en vivre. Et que je ne pourrais faire le tour du monde que si j’avais un bon travail.

J’ai publié mon premier roman à 28 ans, je suis en train d’écrire le septième et je vis de ma plume.

Je n’ai pas encore fait le tour du monde, mais j’y travaille 😉

chemin forêt

Le chemin pour en arriver où j’en suis aujourd’hui n’a pas été facile.

À 18 ans, j’ai écouté ceux qui pensaient savoir mieux que moi ce qui allait me rendre heureuse et je me suis lancée dans des études de droit.

Quand je disais que je voulais devenir juge pour enfants, on avait encore vite fait de me rappeler que seulement 3% des étudiants en droit réussissaient le concours pour entrer à l’école de magistrature.

Je ne suis pas devenue juge pour enfants. Ce n’était pas mon rêve. C’était celui auquel j’étais arrivée pour entrer dans le moule dans lequel mon entourage voulait que je rentre.

J’ai arrêté mes études de droit après avoir obtenu ma licence, j’ai trouvé un emploi de serveuse et j’ai réfléchi à ma vie.

Ou plutôt. J’ai cherché au fond de moi le courage de suivre mes rêves.

Je suis partie étudier au Québec en 2005. J’ai adoré l’ambiance et la différence de mentalités. Plus de casseurs de rêves ici. Au contraire.

J’ai écrit mon premier roman (ou plutôt, j’ai terminé mon premier roman, parce que j’en avais à peu près une quinzaine d’inachevés dans mes tiroirs), je l’ai envoyé à 10 maisons d’éditions et j’ai reçu une réponse positive en trois semaines.

Deux, en fait. J’ai eu le luxe de choisir l’équipe avec laquelle je voulais travailler.

Je suis allée à l’instinct et je ne le regrette pas. Je publie encore avec eux aujourd’hui.

réussite

Tout cela ne m’a pas empêché de tomber dans les mirages du travail bien payé lorsque j’ai obtenu mon master en management. C’est dur de sortir du moule. D’accepter d’être différent.

Surtout quand la plupart de tes amis n’aspirent qu’à une chose : trouver un bon travail et acheter une maison.

Une partie de moi désirait plus que tout être comme tout le monde. J’ai donc commencé à travailler la journée et à écrire le soir et les week-ends. J’étais célibataire, j’avais tout mon temps libre pour moi.

J’aurais pu être heureuse. D’ailleurs, tout mon entourage me disait que je ne pouvais que l’être. Que demander de plus, pas vrai ? Un travail bien payé et une carrière d’écrivain.

Le problème, c’est que je n’aimais pas mon travail. Je me sentais inutile.

Passer des heures à faire balancer des budgets, à disserter en réunion sur des décisions totalement insignifiantes, ça éteignait ma flamme intérieure un peu plus chaque jour.

J’aurais pu me dire qu’au moins, j’avais mes romans et les salons du livre.

Mais je ne suis pas une fille de compromis. En tout cas, pas de ce genre.

Quand j’ai rencontré mon chéri, j’ai tout de suite su que je ne voulais pas de la vie qui m’attendait : avoir une famille et courir après le temps. Je voyais mes collègues épuisés et se plaindre de ne pas avoir assez de temps pour leurs enfants. Je voulais voir grandir les miens.

Je savais que je devais démissionner mais je n’osais pas.

La peur. La foutue peur.

rose noire

Et puis, j’ai vécu l’épreuve la plus douloureuse de ma vie : j’ai perdu mon premier bébé à 5 mois de grossesse. Alors que mes deux meilleures amies étaient également enceintes. Un petit garçon.

Le deuil périnatal, c’est compliqué. Tabou.

À moins de l’avoir vécu, on ne peut pas vraiment le comprendre. Cette épreuve m’a évidemment transformée. Elle m’a rendu plus sûre de moi quant aux rêves que je veux réaliser.

Je suis retombée enceinte quelques mois plus tard et j’ai démissionné. Pour écrire. Mais pour faire autre chose aussi. Je ne savais pas quoi lorsque j’ai démissionné. Mais je savais que la vie m’appelait ailleurs.

Je n’avais aucune idée de comment j’allais gagner ma vie quand j’ai démissionné.

Mes droits d’auteur allaient me permettre de vivre, mais pas suffisamment.

Quelques jours après avoir quitté mon travail, je suis tombée sur un appel de candidature du ministère de l’éducation pour les auteurs désirant donner des ateliers sur l’écriture dans les écoles. Un appel de candidature qui n’a lieu que tous les deux ans et qui se terminait deux jours plus tard.

J’ai monté mon dossier en 48h et j’ai été acceptée.  J’ai pris ça comme un beau clin d’oeil de la vie.

suivre son coeur

Aujourd’hui, j’écris, je donne des conférences sur le métier d’auteur dans les écoles, et je réfléchis à la suite de ma carrière.

PS : si vous souhaitez découvrir mes romans, je n’ai plus de site d’auteur (je me suis fait piratée quelques semaines après avoir perdu mon fils, j’ai tout effacé et je ne l’ai jamais refait), je compte en refaire un avec la sortie de mon prochain roman, mais en attendant, vous pouvez taper Audrey Parily dans Google et entrez dans mon univers d’auteur. 🙂

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Je voulais devenir écrivain, on m’a répondu de redescendre sur Terre

10 commentaires sur “Je voulais devenir écrivain, on m’a répondu de redescendre sur Terre

  • 28 octobre 2015 à 14:47
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    Super témoignage ! Comme quoi il faut savoir suivre ses rêves et ne pas écouter les autres. Il n’est pas étonnant qu’en France on soit le pays le plus dépressif au monde. Tout est fait pour casser les rêves des gens. Il faut avoir la force d’ignorer toutes ces ondes négatives 🙂

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    • 29 octobre 2015 à 00:54
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      Je ne savais pas que la France était le pays le plus dépressif au monde 🙁 Pas facile en effet de suivre sa voie là-bas. Merci pour ton commentaire !

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  • 28 octobre 2015 à 15:53
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    Ton article est très touchant et je te trouve très courageuse allez au bout de ses rêves tout le monde le souhaite mais combien s’en donnent vraiment les moyens pour y parvenir ?

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    • 29 octobre 2015 à 00:57
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      Oh merci, c’est vraiment gentil 🙂 Ça n’a pas été un chemin facile, mais je ne me voyais vraiment pas passer ma vie à attendre les week-ends et les vacances pour être libre, comme beaucoup de mes collègues, ou pire, la retraite !

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  • 28 octobre 2015 à 17:34
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    Merci pour ce beau témoignage Audrey.
    Je me reconnais un peu en toi, et j’espère avoir le même courage pour enfin faire ce dont je rêve! C’est vrai que la mentalité française… Pfiouuuu, elle est rassie! Si on écoute, on ne fait rien. Juste trouver un job, faire des enfants, cumuler les sacrifices pour garder sa foutue maison. mouais bof!
    En tout cas, j’ai hâte de découvrir ton nouveau projet 🙂
    (et je file découvrir tes livres)

    kisscake!

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    • 29 octobre 2015 à 01:03
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      Je te souhaite de pouvoir suivre ta voie et réaliser tes rêves ! Quant à la mentalité française, j’y ai goûté cet été et hum… disons que ça n’a pas évolué dans le bon sens. Quand je vois ma belle-fille de 15 ans qui veut travailler avec les animaux au Costa-Rica plus tard, tout le monde l’encourage, personne pour lui dire : euh, redescends sur Terre ! On est là pour allumer les flammes dans le coeur des enfants, pas les éteindre !

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  • 28 octobre 2015 à 23:18
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    Hâte de découvrir ton projet !
    Tu as bien eu raison de suivre ton coeur. C’est parfois difficile de se détacher de ce qu’on « devrait faire » pour faire ce qu’on a ENVIE de faire. Bravo d’en avoir eu le courage 🙂

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  • 13 novembre 2015 à 08:29
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    Super parcours ! 🙂 tu m’impressionnes. Et j’ai hâte de voir ton projet !

    Moi, mon rêve c’était de bosser dans la communication visuelle. Bien entendu j’ai eu le droit au « tu n’as pas assez de talent » « c’est un secteur bouché » et j’en passe, de la part de mes proches. Du coup j’ai fais une licence en management, où je ne me suis pas investie … J’ai arrêté le massacre là et je peine à trouver un travail d’assistante, alors j’enchaine tout ce qui tombe.

    J’aurais aimé avoir ton courage et suivre ma propre voie, mais maintenant avec une petite à assumer je n’oserais jamais 🙂

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    • 13 novembre 2015 à 20:04
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      Je comprends tellement, c’est dur de ne pas se laisser décourager par les autres, surtout quand on es jeunes, mais ta vie est loin d’être finie, il faut que tu vives tes rêves, je sais que c’est loin d’être évident quand on est maman, mais ce n’est pas impossible, je ne connais pas du tout ta situation financière, mais tu pourrais peut-être reprendre des études à temps partiel en communication visuelle ou essayer de trouver un travail relié de près ou de loin à ce domaine ? Crois en toi, c’est le début pour que de petits miracles se produisent 🙂
      Super ton webzine en passant !

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